Audrey Chambon 

Khalid EL Morabethi



Les Poètes Audrey Chambon et Khalid EL Morabethi , 

ont ouvert cet espace , libre et sans prétention pour partager leur poésie sous toutes ses formes.



Parapluie de l'aube ( Recueil de poèmes en duo ( Audrey Chambon & Khalid EL Morabethi ) 

Parapluie de l'aube ( Recueil de poèmes en duo ( Audrey Chambon & Khalid EL Morabethi ) 

 

<< C'est en m'intéressant à toutes les possibilités créatives de la poésie que je suis tombée par hasard sur un poème de Khalid. Ce fut un réel coup de coeur, tellement que je l'ai contacté pour lui dire à quel point son écriture me parlait. Rapidement c'est lui qui m'a proposé qu'on écrive ensemble, et tout a commencé...

Khalid a la capacité de faire sortir mon écriture de son carcan et de libérer mon imagination. Quand j'écris avec lui je le fais généralement d'un jet, en me plongeant dans l'univers qu'il m'offre. Ce défi artistique m'emporte totalement et ça fonctionne du tonnerre!>>

 

***

 

<< Le jour où j'avais décidé pour la millième fois d'arrêter d'écrire, j'ai cherché par désespoir mon nom sur internet et par hasard j'ai trouvé de belles phrases écrites sur moi, puis de la joie, ensuite des remerciements. Finalement j'ai eu le courage de la contacter, parler avec elle et écrire avec elle. Quand j'écris avec elle aujourd'hui, je remercie le désespoir et le hasard aussi. Merci Audrey>>


Coeur don Quichotte / POÈME EN DUO ( AUDREY CHAMBON & KHALID EL MORABETHI )

Des humains qui se mangent,
Des monstres qui se changent,
Des pulsions inconscientes, l'angoisse, et à coté, les sourires des anges,
Le voyageur espoir et son envie de croire,
L'envie de ne plus servir de café ou corriger les fautes,
L'envie de ne plus faire le don Quichotte.
Des cœurs humains qui battent bien trop fort,
Et des gorges serrées,
Des cœurs humains qui battent bien trop fort,
Et des ongles rongés,
Des cœurs qui battent bien trop fort et enfermés,
Enfermés dans une répétition,
Dans une envie, un rêve, une vision,
Dans une promesse, un souhait, une conversation,
Enfermés dans un mythe devenu littéraire,
Qui s'est mélangé avec l'air,
Enfermés dans la répétition de la même chose, la même cause, la même nuit,
La répétition du qui je suis.
Le voyageur s'est arrêt et a posé son cœur
Il le contemple tandis que l'autre
Expose sans vergogne au monde ses sentiments anxieux.
Devant ses yeux il voit les hommes
Leurs secrets, leur genèse, leur identité,
Il se sent las, il se sent seul
Avec son cœur à mille à l'heure
Qui vit la vie de tous,
De tous ceux qui s'étouffent
Dans la régularité, la cadence nuancée, le confort millimétré...
Le voyageur a peur,
Et il reprend son cœur,
On pourrait lui voler,
Lui veut bien partager, ses humeurs et pulsions
Mais ceux qui l'attendent tiennent des bâtons
Pour tuer
L'horloge
Détraquée...
Le voyageur repart alors,
Aussi seul avec son cœur,
Trop gros pour un seul homme,
Car seul lui sait
Ce que le coeur contient.

 

Poème en duo
 
 Audrey Chambon 
&
 Khalid EL Morabethi

 


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Parapluie de l'aube /POÈME EN DUO ( AUDREY CHAMBON & KHALID EL MORABETHI )

Parapluie de l'aube
Cache moi du soleil
Sous ton manteau noir,
Car ses rayons brûlent mes yeux
Et ma peau de porcelaine.

Ombrelle du crépuscule

Ouvre moi aux étoiles
Sous ta voûte vaporeuse,
Car leur éclat ravive mon sang
Et mon cœur endolori.

Dans le creux de la nuit 

Soudain une lumière
Une pierre a roulé
Un passage s'est ouvert
un chemin s'est tracé
L'obscurité a fui. 

Dans le frais du matin

Sa voix m'a appelée
Sa main a pris la mienne
"Viens vers moi, petit loup.''
J'ai repris feu ce matin.
Poème en duo
 
 Audrey Chambon 
&
 Khalid EL Morabethi


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LES ETOILES FILANTES / Prose EN DUO (AUDREY CHAMBON & KHALID EL MORABETHI)

 

 Cher X 

C'est pas des carrés, pas des conneries, c'est pas de ma faute. J'ai les mots qui blessent, me blessent. Être étrangère dans son propre univers, simple spectatrice, observatrice passive. Je crache dans ta tête, je ne veux pas que tu puisses avoir la paix. Non, jamais la paix. Déshabille-toi, enlève ton âme, retire les tissus et les mensonges, éteins la lumière et découvre ton corps . Espère sans même t'arrêter, espère sans cesse, sans prendre le temps de respirer... Les étoiles filantes me font peur, elles sont libres, trop libres pour moi. Dans le désert je me découvre, et patiemment j'attends.  
Les étoiles brillent jusque sous terre. Elles sont terriblement seules dans l'immensité du ciel. Faut pas chercher le paradis. En bas, il n'y a jamais la paix. La tête au fond de l'eau d'un étang vaseux, les cheveux ondulant comme des serpents, ton corps mort d'un être à l'abandon.  
Esclave qui subit, ton intimité à la vue de tous. Tout est tellement sombre, comment distinguer la mer du ciel? Tu t'es perdu dans le noir. Perdu a chercher quoi ?  
... 
Je te semble certainement confuse mais mes sentiments palpitent, chauds, violents, vivants...  
J'ai plus envie de m'excuser, j'ai pas envie de bien parler, bien penser, bien décrire, je vous emmerde, je crie, suffoque, laissez moi sortir, laisse moi sortir...  
Mes vêtements, déchirés... nue, je suis nue... de l'air, de l'air que je brille sans retenue avec les étoiles, sur les étoiles, sur leur traînée scintillante, et je serai libre, oui libre !  
Et ne venez pas me dire, et ne viens pas, et ne viens pas tout court, laisse moi chevaucher le ciel, d'ailleurs il m'appelle, tu ne peux pas l'entendre, tu ne peux pas savoir... tu es trop là, et moi je suis trop loin...  
Lâche moi, tiens moi, laisse moi, garde un bout, juste un bout, mais de loin, tiens la ficelle du ballon, et moi je pars, et puis hop, je coupe la corde et t'es là comme un con. Pardon.  
Je veux plus, j'en peux plus, je t'aime, non je ne t'aime pas, j'ai besoin de toi, mais de loin, de loin, j'ai besoin d'air, je veux ailleurs, je veux liberté, je veux étoiles, voie lactée et galaxies, trous noirs et hop, plus rien, trop loin...  
Et pas, pas de reviens, enfin un petit bout de ficelle... tiens, prends un cheveu, un seul, c'est suffisant, un jour peut-être je reviendrai, pour le récupérer, pour, me souvenir, de mon passé. 

 
Adieu cher X, la comète passe maintenant.

 

 

 

 

 

Prose en duo

 

 Audrey Chambon 

&

 Khalid EL Morabethi

 



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Aucune magie / Prose EN DUO ( AUDREY CHAMBON & KHALID EL MORABETHI )

 

Aucune magie
Aucune magie
Aucune magie
Il existe quelque chose d'angoissant dans ces fêtes, quelque chose d'irréel.
Aucune magie, beaucoup de couleurs, quelques bienséances, des sourires crispés, des poignées de mains moites, des cousins gueulards et mal élevés, des décorations de mauvais goût...
Les repas de famille ne font pas envie, surtout lorsque personne n'en a rien à foutre. Voilà longtemps que les discussions s'éternisent sur des sujets inintéressants, longtemps que les enfants baillent, que le maquillage des femmes s'est barré, longtemps aussi que personne n'apprécie plus le dîner, longtemps que les photos ne sont plus regardées...
Et plus personne ne se donnera de nouvelles jusqu'aux prochaines fêtes, ou avant, si il y a un enterrement.
Aucune magie...


Et moi comme chaque année je me réfugie dans la bouffe.
Après tout, c'est ça l'idée, se regrouper autour de cette bonne grosse bouffe, hein ?
Les cadeaux ? C'était drôle quand il y avait des gosses.
Mais il n'y a plus de gosses, ni de vieux d'ailleurs.
Les innocents ont bien grandi et les vieux loups croupissent en terre.
Et moi, j'en ai rien à foutre de ce théâtre pathétique,
Alors je bouffe.
Le nez dans mon assiette,
Je me cale dans le gosier les escargots beurrés à l’ail,
Gobe sans scrupules les huîtres remuantes et suppliantes,
Dévore les crevettes roses avec les pattes et la tête,
Avale les marrons et la dinde, et la dinde,
Coule toute cette boue à grandes gorgées de champ'
Mon estomac se tend et gonfle, dix fois sustenté
Pas bien tenté d'en accueillir plus,
Mais il faut bien anesthésier la misère, le dégoût et la colère,
La rage,
De devoir grimer ses sentiments,
Désaxés dans cette absurde « cohésion sociale »,
En racontant des blagues, et en se tapant dans le dos,
Comme de bons vieux amis
Qui auraient pas de cadavre sous le tapis,
Mais là c'est pas un corps qu'on piétine avec nos souvenirs photoshopés,
On danse sur un putain de charnier !
De rancunes, mesquineries, coups de pute, sans oublier les secrets immondes,
Bombes à fragmentations dormantes
Tels les obus enfouis de la première guerre mondiale
...
Alors pourquoi ? Pourquoi tout ça ?
Ca sert à qui, ça sert à quoi ?!
Ca me sert à quoi, à moi ? Je sers à qui, moi, là?
Ca fait du bien à QUI cette grande menterie ?

Le fromage, mmmmh, c'est bon le fromage, hein mamie, c'est bon le fromage, hein papy,
On est pas bien là tous ensemble à se bâfrer comme des porcs ?
Vas-y remplis mon verre que je lave tout ça. J'ai l'impression de nettoyer les chiottes avec du cambouis, la merde glisse, mais ça pue encore.
...
Vivement la bûche, cette putain de bûche,
Qu'on déballe les cadeaux en poussant des ah ! et des oh !
Dieu que j'y trouve une guirlande et qu'avec je me pende au balcon,
Ou une gomme magique que je m'efface de cette pantomime grotesque,
Ou une paire d'ailes que j'aille m'acoquiner avec les anges et les démons, qu'importe !
Tant que je sors de là, tant que je sors de là,
Tant que je sors de là !

Mais dans les paquets rien de tout ça.
Sous les lumières bariolées du sapin rien que du néant,
Et aucune magie
Aucune magie
Aucune magie...

 

 

 

Prose en duo

 

 Audrey Chambon 

&

 Khalid EL Morabethi

 



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Le DRame / POÈME EN DUO ( AUDREY CHAMBON & KHALID EL MORABETHI )

Ma foi, on verra où tout ça me mène,
Ma foi, on verra où tout ces mots me mènent, 
Est ce un drame au fond ? 
Pourrais je faire comme je fais souvent?
Cueillir les bourgeons bercés par les vents,
Dormir dans les bras d'un amant, puis d'un autre,
Me taire enfin et me laisser consoler,
Dans l'urgence, oui l'urgence absolue de s'aimer,
Suivre les mots sans voix, et dans les bras de mes amants
Me lover. Et pleurer...
Mouiller mes joues de mots crus et de violence folle,
Tarissant ainsi la source béante du néant,
Et dans les bras de mes amants m'effacer,
Et dans les bras de mes amants
Accueillir la chaleur,
Ecouter battre mon cœur,
M'entendre vivre.

 

 

Poème en duo

 

 Audrey Chambon 

&

 Khalid EL Morabethi

 



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MANON / POÈME EN DUO ( AUDREY CHAMBON & KHALID EL MORABETHI )

 

 

Le vent hurle dehors, comme un amant jaloux, 
La rue est déserte, 
Hormis la misérable chose aux longs cheveux, 
Qui attend misérablement au milieu. 
Drapée d'une longue robe aussi sombre que sa chevelure, 
Et d’un voile translucide qui cache partiellement sa figure, 
Seuls ses yeux sont visibles et peuvent voir
Seule, elle n'a plus peur, 
Seule et sourde aux diables conseilleurs
Et au reste.

 
Soudain ils s’animent autour d’elle
Frôlant, impatients, son petit corps frêle
Ils ne la regardent même pas, ils s’en foutent
Car le temps c’est connu leur coûte ;
Dans les sillons humains gris et blancs, noirs et gris
Manon tend sa main, calmement, et le vent la prend
Et sur sa joue fatiguée vient raviver le sang
Qui, on lui avait dit, avait coulé jadis,
Et le sang enhardi poursuit son chemin
Pour déposer la vie où les diables avaient feint
De la lui insuffler…

 

Il parait que son cœur est en béton armé,

Il parait que son cœur est en béton armé, 

Il parait que son cœur est tombé, 

Et puis rien, 

Et puis ... 

 

Puis un cercueil, 

Puis les mots s'effacent des feuilles, 

Puis une plaque funéraire avec une phrase, 

« Demain est un autre jour, ne m'oubliez pas, je serai de retour. »

 

 

 

Poème en duo

 

 Audrey Chambon 

&

 Khalid EL Morabethi

 



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DORS, PETITE FILLE / POÈME EN DUO ( AUDREY CHAMBON & KHALID EL MORABETHI )

 

Je me mets à genoux et je pleure

Je vois en moi la petite fille et je pleure

Elle se met à genoux et elle pleure

Sa voix a été entendue

Quelqu'un pour elle a parlé

A dit la naïveté, l'être et la cruauté

La petite fille pleure

Elle est soulagée.

 

Puis elle se laisse bercer par une mélodie silencieuse, 

Par le vent qui se calme lentement. 

Elle s'endort et se noie comme une poupée de chiffon.

Elle n'est plus rien. 

Il est beau ce rien, 

Ses yeux, comme sa bouche et ses oreilles, sont clos.

 

Dors petite fille, dors

Bientôt tu seras en paix,

Bientôt tu pourras rêver

De gros nuages cotonneux

Dans lesquels te lover

D’étoiles de feutre

Qui te couvriront les yeux

Qui couvriront le feu,

Les cris et ta peur.

Dors petite fille, dors,

Pleure et dors

Ton corps endolori

Et ton âme meurtrie

Attendent patiemment.

 

Poème en duo

 

 Audrey Chambon 

&

 Khalid EL Morabethi

 



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La BOUTEILLE vide / POÈME EN DUO ( AUDREY CHAMBON & KHALID EL MORABETHI )

 

Quand il décide de quitter son double
Et de sortir du brouillard qui le trouble,
Il se rend compte qu'il va avec sa  bouteille de vin au désespoir,
Que sa bouteille deviendra vide et qu'il sombrera dans le noir,
Il ne comprend pas !
Pourquoi ses clés n'ouvrent plus la porte de la maison,
Il ne comprend pas la raison,
La raison de la chose, de cette ivresse, de ce masochisme,
La raison de cet amour haineux, de ces marches lentes et de ce rythme,
La raison de cette survie ! Il voudrait se jeter sous un train,
La raison de cette lumière ! Il voudrait crever ses yeux ou couper ses mains,
La raison de ces battements et ces minables sentiments,
Il voudrait écraser une partie de son cœur et donner le reste aux hyènes,
Et laisser partir son âme bohémienne.

A la lumière crue d’un lampadaire,
Il contemple lassé le cul
De la bouteille qui fut,
Bientôt brisée,
Par la rage et les sanglots
Par le monstre sans nom c’est le lot
Des âmes errantes mal aimées
L’âme de travers et le costume pas droit
Ou trop droit, trop serré, engoncé
La salubrité c’est froid
L’Ivresse est Lumineuse !
Oh ivresse lumineuse
A travers son cul
De bouteille déjà vide
Elle fut…

 Poème en duo

 

 Audrey Chambon 

&

 Khalid EL Morabethi

 



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CORPORIS  / Poème en duo ( Audrey Chambon & Khalid EL Morabethi )

Des corps,
Qui se frôlent dans une chaleur étouffante,
Et puis des corps qui marchent, courent et chantent,
Chantent leurs haines écrites sur leurs veines,
Devant ceux qui s’en foutent, ils chantent leurs peines
Et puis des corps,
Juste des corps qui doutent,
Des corps qui se fondent,
Qui se rendent,
Qui se confondent,
Qui se dégagent de la table ronde,
Des corps !
Les corps vacillent,
Les corps sont en transe,
Les corps dansent,
Ce soir, ils dansent,
Ce soir, ils pensent,
Ce soir, ils dansent autour du sens,
La passion est hors du corps et le sens danse,
Le sens est en feu.
Des corps,
Ils dansent, encore et encore
Jusqu’à ce que les pieds saignent,
Puis las de danser
Et plus las encore de penser,
Ils tombent lourdement
Les uns après les autres
S’entassant, tas de chairs
Nerveuses s’agrippant
Aux mensonges qui s’enfuient
A la rage qui vomit
A la crasse au pus au sang,
Chairs amollies ouvertes aux vents;
Et ils crient
Ce qu’il leur reste
La détresse et l’ennui;
Et ils gémissent d’être seuls
Dans la danse macabre
Seuls, tous collés les uns sur les autres
Les autres tout collants et
Tous seuls aussi…
La masse grotesque,
Exsangue,
Râle et expire
L’abcès crevé
Et puis fin.
Poème en duo

 

 Audrey Chambon 

&

 Khalid EL Morabethi

 



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Le rythme de l'encre / Poème en duo ( Audrey Chambon & Khalid EL Morabethi )

 

Que d’encre vomira mon cœur !
O ma main ! mon péché, mon erreur ;
Tu vis, tu me regardes, lorsque de mes travers,
Se nourrissent tes douceâtres pleurs.
 
Hier tu as couvert ton visage d’une grille noire,
Veuve pathétique se grimant au regard
D’une tribune morose avide de malheur.
 
Ainsi à cette heure s’échoue sur le testament
L’encre jadis vivace de mes veines ;
Ultime estoc, coup de grâce véhément
De l’impuissant qui cherche à conjurer sa peine.
 
Et Ils y sont doux , mes mensonges ,
Et si peu le mal qui se change et ronge ,
O ma main ! Mon sens !
Demeure mon sceptre , mon encens .
 
Demeure où fuit ma douleur ,
où git l’élixir d’un cœur
Je vis et je meurs
Au rythme lent d’une langueur.
 
 
Poème en duo

 

 Audrey Chambon 

&

 Khalid EL Morabethi

 



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Accent circonflexe / Poème en duo ( Audrey Chambon & Khalid EL Morabethi )

 

Accent circonflexe
Écrit au dessus d'un e par un poète perplexe 
Ses sentiments semblent aléatoires, 
Son sourire cache peut-être un lourd désespoir, 
Les sens en feu, 
Le corps vacille, frôle, se colle, sans désir et s'oublie , 
Tout tombe, la maison, la table, la foi, le soi, le choix et l'esprit, 
Tout tombe, les objets, les vases, les organes, les idées, les paroles de la vie, 
Le noir tombe, les histoires, la ville, les yeux, le crâne, la mémoire et tout ce qui est dit, 
Tout ce qui est dit avant le mais. 

Mais.

Tout est tombé.
C’est une flaque obscure que le vent pousse vers le soir ;
Elle s’enfuit, elle court ; le train du désespoir
N’attend que les impatients.
Il fut un temps où les lettres entre elles se parlaient
Mais dans ce mouroir qu’en est-il désormais ?
Dans sa main une plume sans corps,
Le poète a sombré avec ses accents morts.

Poème en duo

 

 Audrey Chambon 

&

 Khalid EL Morabethi

 

 



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Demain peut-être / Poème en duo ( Audrey Chambon & Khalid EL Morabethi )

Demain peut-être, quand je mourrai,
Peut-être que dans le ciel, là-haut,
Un peintre viendra dessiner pour moi quelque chose de beau.

Et sûrement, le parfum de la rose,
Viendra me raconter près de ma tombe, son bonheur d’être éclose,
Oui, j’écouterai,
En paix.

Demain peut-être, je partirai. Vois-tu, je sais qu’il m’attend,
Peut-être j’entendrai ce que me dit le vent,
Ce que chante l'abeille et murmure l'étang.

Peut-être ce bras posé sur mon épaule,
Me donnera des ailes, que de joie  je m’envole ?

Quand je mourrai,
Peut-être que j’aurai le temps de dire à mon créateur,
Que je l’aime avec ardeur.

Mais aujourd'hui c'est déjà demain
Et j'emprunte finalement le chemin incertain
Laissant à plus tard le chant des fleurs ensorcelantes.

A toi la vie j'ai décidé de te livrer ma joie
Et le ciel que je loue, bienveillant attendra
Arrachant aux étoiles impatientes le doux destin qui nous rejoint.

De toutes parts pourtant des voix s'élèvent
Vent, forêts et cours d'eau me laissent sans répit
D'avoir bravé le sort,
D'avoir bravé la mort.

Je ne succomberai pas, mon amour est entier
Lacs, montagnes et prairies, vous et moi, et les astres aussi
Dans cette grande danse ne sommes qu'un, sommes la vie.


 

Poème en duo

 

 Audrey Chambon 

&

 Khalid EL Morabethi

 



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Commentaires : 1
  • #1

    Lucie (vendredi, 25 décembre 2015 16:23)

    j'aime tout simplement, bonne chance